Community Manager: mais encore ?
28 février 2010
10 tweets en 10 jours, 2 articles de blog, tous les deux programmés… clairement y a quelque chose qui cloche chez moi en ce moment… ;-)
Je n’abandonne pas le web, Catpointzero est toujours là, quelque part en moi, mais de plus en plus petite et discrète. J’ai récemment pas mal réfléchi à ma place et ma présence sur le net, à la vie privée, au pro et au perso, et mes conclusions me donnent de moins en moins envie de partager en ligne. Je profite de la « vraie vie » et je m’éloigne du net. Une sorte de retour aux sources qui finalement me fait le plus grand bien.
L’exposition, c’est sympa un moment, pour se construire un réseau, une identité, pour évacuer des états d’âme et avoir du soutien si besoin. Aujourd’hui de plus en plus, je me rend compte que d’un point de vue pro j’ai envie d’éviter ça…
Je faisais un petit point il y a quelques jours sur les Community Manager les plus exposés, ceux dont on parle, ceux qui sont visibles, presque un peu « people », et finalement ces gens là, ce ne sont pas ceux que j’admire. Les interviews à profusion, les articles théoriques, pour montrer son « expertise », c’est sympa un moment, mais vu le côté de plus en plus tendance de ce métier, j’ai remarqué que ceux qui en disent le moins sont souvent ceux qui en font le plus, et bien souvent un CV bien rempli compte beaucoup plus que 3 articles pédants sur un blog ou une interview pour se « montrer ».
Je me suis cherchée, aussi, pendant un temps, mais finalement j’en revient au naturel, à la simplicité. J’ai trouvé mon poste actuel grâce à mon CV Doyoubuzz (d’ailleurs c’est mon poste actuel qui m’a trouvé plutôt ;-) ), et mes recruteurs ne connaissaient pas vraiment mon blog et mon identité numérique.
Ce sont donc mes expériences et compétences qui ont compté, et pas mon exposition. Je m’éloigne un peu de cette image que donnent pas mal de pseudos Community Manager (oui c’est méchant mais c’est ma vision des choses) sur le net, pour être reconnue pour ce que je suis et pas ce que je montre de moi.
Parce que s’il y a un truc auquel je tiens, c’est mon métier. Community Manager. En dehors de mes grosses phases de doute, j’ai presque toujours voulu travailler dans le web, et dans la communication. (j’ai un autre plan de carrière, radicalement différent, mais c’est plus un plan B pour quand j’en aurai assez de ce domaine).
Ce boulot, c’est moi, c’est ce que j’aime faire. Mais je vois de plus en plus de blogueurs (et blogueuses) qui se prétendent community manager. Ca m’a toujours énervé, parce que pour ma part, j’ai tout fait pour construire mon avenir, mon profil, et j’ai souvent pensé que ceux qui débarquent comme ça sont un peu des « usurpateurs » et discréditent ce métier.
Ca devient « le métier des blogueurs », et c’est une vision vraiment réductrice qui discrédite complètement ce poste. Quand je vois une agence qui recrute un blogueur ou une blogueuse pour son réseau, sans qu’il ou elle connaisse quoi que ce soit au métier, je suis dépitée.
Du coup j’avais envie de parler un peu de mon parcours… histoire de vous montrer comment je suis arrivée là où je suis en ce moment. Avec des erreurs et des gamelles comme tout le monde, mais aussi beaucoup de bonheur… C’est narcissique, peut être, mais ici, c’est le lieu où je me lâche un peu, et où je dis ce que je dois me retenir de dire dans la « vraie vie ». Alors let’s go :-)
A la base, j’ai fait des études littéraires (bac + prépa en hypokhâgne et khâgne). En fin de prépa j’ai passé des concours, j’ai été sous admissible à Normale Sup, pas admise, et j’ai intégré une ESC, où j’ai fait ma scolarité. Je ne m’y suis jamais vraiment plu, parce que je ne supportais pas la mentalité un peu pédante des élèves… moi j’étais posée, en couple, eux volages et fétards, ça ne collait pas. Je me suis donc concentré à fond dans ma scolarité, et à côté j’ai lancé mon premier blog, en 2006, avec comme ligne éditoriale le geek au féminin, et la communication web. Une ligne qui n’a d’ailleurs jamais changé, contrairement aux plateformes que j’ai testé avant d’arriver sur Wordpress et mon propre nom de domaine en décembre 2007.
En fin de première année (2007) j’ai fait un stage chez Atol (les opticiens), au siège, en communication / marketing opérationnel. J’y ai appris des bases, surtout sur la gestion de projet, c’était ma première expérience, et quand j’ai effectué ma soutenance de stage, j’ai dit à mon examinateur que je souhaitais bosser en agence de communication, il m’a dit que je m’étais plantée de formation, parce que j’aurai du mal avec le diplôme de l’ESC. Pour lui c’était un domaine fermé, dans lequel j’aurai du mal à entrer. Il m’a conseillé de m’orienter plutôt dans le marketing. J’ai l’esprit de contradiction, au lieu de me décourager, ça m’a donné encore plus envie d’y arriver !
En décembre 2007, j’ai postulé sans trop y croire pour un stage chez Ubisoft. J’avais eu un énorme coup de coeur pour l’offre en « community management / marketing CRM ». Et j’ai été prise ! Pour ça par contre il fallait que je fasse une année de césure, parce que le stage ne commençait qu’en juin pour 6 mois. Du coup c’est ce que j’ai fait. J’ai adoré ce stage, où j’ai découvert des tas de choses, et su que c’était exactement le métier qui me tentait. J’y ai appris les bases du community management, du point de vue de l’annonceur, et surtout d’un point de vue non blog. Chez Ubi, à l’époque, pas ou peu d’opés blogs, et c’est ce qui m’a permis d’avoir une vision beaucoup plus large de la notion de communauté, qui pour moi ne se limite pas aux blogs !
J’ai ensuite enchaîné avec un stage en tant que consultante nouveaux média chez Ketchum, une agence du groupe DDB… qui m’a permis de voir comment ça se passait en agence. Plus de projets, beaucoup plus de variété, parfait pour moi, qui ai la bougeotte !
A côté de ça j’ai adhéré au statut d’auto entrepreneur pour mes billets sponsos sur le blog à la base, mais j’ai eu une opportunité chez melty (un site pour ado), qui cherchait quelqu’un pour leur community management + piges… donc j’ai foncé ! Ensuite ça c’est enchainé, j’ai été contactée par plusieurs marques qui cherchaient quelqu’un pour gérer leur identité numérique, blog, twitter, facebook… et ça a été une super période à 200 à l’heure… où je n’avais par contre plus de vie en dehors du boulot.
Au mois de Juin 2009, j’ai répondu à une offre pour un CDI, d’une agence qui cherchait son community manager. Au début j’étais partagée, parce que mon (ex) meilleur ami voulait le poste. Je suis quand même allée au premier entretien où le PDG m’a dit que mon ami n’avait pas été sélectionné. J’ai passé ensuite un autre entretien et ils m’ont choisi.
Le confort du CDI, c’était quand même mieux que le freelance et l’auto entreprise. Je suis restée 6 mois à ce poste de Buzz & Community Manager, un poste assez stratégique et marketing finalement, et je me suis rendue compte que l’atmosphère d’agence de communication ne me correspondait pas trop, ni la mentalité de « vente » de projets, trop commerciale pour moi.
A ce moment là j’ai été approchée par ma boîte actuelle qui cherchait son CM, et j’ai été embauchée. Ca fait aujourd’hui environ 3 moi que j’y suis, j’adore l’ambiance, mes collègues, mon boulot, mes missions… je partage mes journées entre gestion des utilisateurs des jeux de ma boîte, communication, et d’autres projets encore secrets ;-) D’ailleurs j’ai eu une petite évolution cette semaine puisqu’en plus de mon boulot de Community Manager je suis désormais Third-party Manager… (en gros je m’occupe du publishing et de la distribution de jeux non édités par mon entreprise). J’adore ce job !
Voilà pour mon mini-parcours… qui est le fruit de plusieurs années de travail, de réflexions, de construction, et dont, aujourd’hui, j’avais envie de parler ici, parce que finalement, s’énerver en pensant que le métier est décrédibilisé par des « usurpateurs », qui tentent de décrocher des interviews sur tous les blogs axés communication, se font la guerre de l’expertise et du backlink, c’est probablement un peu stérile, et sûrement moins utile que de partager sa propre expérience du métier… d’un point de vue perso, sans donner de leçon à personne… De toute manière, ce métier, c’est moi… mais ce n’est pas ma vie, et heureusement j’ai de plus en plus d’autres projets, personnels notamment, qui me permettent de relativiser tout ça !
D’ailleurs si vous avez des questions sur le métier de Community Manager, je vous propose de les poser dans les commentaires, j’essaierai d’y répondre au maximum !





Merci pour ces détails, le métier de CM est assez obscur pour beaucoup de gens
(j’ai même un contact qui veut que je réponde à un questionnaire sur le fait d’etre CM, ca tintéresse?
)
Hum. Il y a longtemps que je souhaitais effectivement un billet pour expliquer la différence entre les vrais et pseudos CM.
Je suis loin d’être vraiment satisfait par celui-là. La seule phrase qui donne un début de réponse, c’est le « Ce sont donc mes expériences et compétences qui ont compté, et pas mon exposition. »
À la lecture de ton parcours, j’ai surtout l’impression que tu te distingues parce que tu pratiquais réellement ce métier avant que ça devienne une expression galvaudée.
Maintenant sur quels critères peut-on juger un candidat débutant ?
Note que je trouve une bonne nouvelle assez importante dans ton billet : tu affirmes clairement qu’un bon CM n’a pas à faire de sa propre présence sur le web une pure publicité pour son activité. Ce qui ne signifie pas que c’est un handicap non plus (mais Dieu merci, Vendetta n’a pas l’intention de devenir CM).
Article bien complet, j’avoue ne pas savoir trop ce que tu fais exactement mais on sent que tu aimes ça
Et travailler chez Ubisoft, la classe !
Je suis d’accord dans l’ensemble. Moins concernant l’image du CCM, un CCM Ninja qui n’a pratiquement aucune image sur le web n’est pas un bon CCM. Tout simplement car il n’a aucune identité donc méconnaissable par la communauté.
Voila pourquoi pas mal d’annonceurs no brain recrutent des bloggueurs censé être une « référence » dans leur domaine mais ils le font mal ^^
Je parle du CCM qui taf dans le jeux vidéos, le reste je connais pas.
@Oujiz
Cet aspect « aucune identité » me dérange un peu. Quand on se présente comme le community manager d’une entreprise précise, doit-on être jugé selon ses activités personnelles sur le web ?
Dans un monde idéal, la réponse serait non. Dans le monde réel, c’est ce qui est généralement fait. Donc effectivement il est cohérent de recruter quelqu’un en fonction de sa popularité. Une variante du très vieux système « on embauche une personne, non pour ses compétences, mais pour son carnet d’adresses ».
D’ailleurs, Cat, tu as peut-être toi-même été recrutée en partie suivant ce critère : tu mettais sur ton CV la place de ton blog sur wikio.
Je fais partie de ces blogueurs qui ont été « choisi » par ce qu’ils représentaient sur leurs blogs et sur les réseaux sociaux. Je suis loin d’être la plus populaire et je n’ai jamais prétendu avoir de l’expérience dans ce domaine néanmoins mon profil a su séduire des employeurs sans que je m’impose comme community manager.
J’étais simple vendeuse en boutique au bord de l’implosion, les métiers du net m’attiraient, je recherchais un travail dans ce milieu en m’affichant clairement débutante. Lorsque l’on m’a proposé un poste j’ai foncé bien consciente que d’autres seraient meilleurs que moi mais si on n’essaie pas …
Tu a été la personne que j’ai suivi pour avoir une première approche sur le métier en notant bien la différence entre une community manager « de métier » (toi) et une personne catapultée dans ce poste (moi).
Aujourd’hui je fais du référencement et du community management. Je ne cesse d’apprendre et suis très heureuse que l’on me fasse confiance malgré un parcours un peu bancal
Bonjour Cat,
Merci pour cet article. D’un oeil purement néophyte, je parle un peu du métier de CM, en commençant de maniére trés ironique par le comparer avec un croisement de G.O, acupuncteur, stratége chinois, Mr Loyal et mére!
N’hésitez pas à venir intervenir sur mon blog, je suis même prêt à t’ouvrir une page, si tu es intéressée.
A bientôt
PS : de même, pour Chris, s’il veut parler de son job à DiMoiOu!++
Cathy, ton exposition sur la toile est très forte (activité pro, mariage, états d’âmes, etc). Comment comptes-tu diminuer cette exposition ? Et par ailleurs ne crois-tu pas que cela pourrait être contre-productif ?
@ Tristan: Mon exposition a été forte. Quand on blogue, que l’on participe à des événements, des rencontres, on est forcément exposé.
C’est d’ailleurs aussi ce qui attire les lecteurs, cette exposition. Mais j’ai appris avec le temps à relativiser cela, à l’éviter même, et à rester discrète sur les points personnels de ma vie.
Cela fait des mois que j’ai diminué cette exposition, en changeant de blog notamment, en me coupant parfois du net. Et je ne regrette rien de ce que j’ai partagé, car jamais cela ne m’a désservi.
Cherche un peu, tu verras que des « états d’âme », cela fait des mois qu’il n’y en a plus, ni sur Facebook, ni sur Twitter, ni sur ce blog.
Ce ne sont que des réflexions, des instants de vie, des coups de coeur, des avis, et des pensées. Rien de très personnel donc…
En ce qui concerne la productivité, je ne pense pas que ça ait un quelconque rapport. Je suis performante et productive dans mon travail. Pour le reste, ça ne concerne que moi !
Hello Cat
je passe souvent sur ton blog ,et une question me taraude, et je pense que tu peux y répondre (enfin j’espère) un poste de cm et gestionnaire de contenu e-commerce m’a été proposé ds une ssii, j’ai une formation bac+5 de l’expérience dans le web (3 ans) et 23k de salaire annuel est ce une arnaque?(j’ai ma petite idée mais j’aimerais l’avis de plusieurs personnes )
Bonjour Cat,
Ton blog et tes articles sont très intéressants, et je prend plaisir à les lire ! Puisque tu es dans le community management, je voulais savoir si tu pouvais répondre à mes intérrogations, j’aimerais connaitre les points faibles et les points forts de la mission de community manager, les contraintes et les avantages.
Merci d’avance et bonne continuation !
A.