Ca faisait quelques temps que je n’avais pas rédigé de billet un peu « perso ». En voilà donc un petit qui n’est qu’une sorte de réflexion, de mise par écrit de choses que j’ai en tête…

J’ai hésité pas mal de temps avant de le rédiger, mais je me souviens d’en avoir déjà lu sur d’autres blogs (notamment celui de Lowett et de Diskette). Hésité parce que le tatouage reste encore un peu tabou, surtout dans le monde pro et aussi dans mon environnement perso. Hésité parce que je sais qu’il y a toujours des « pour » et des « contre » et qu’autour de moi il y a plus de « contre » que de pour.

J’ai toujours été assez « sage », dans une certaine « conformité » sociale et scolaire. Et je pensais que c’était comme ça que je « réussirai », ou du moins que j’aurai ce que je voulais dans la vie. Sauf que toute ma vie, j’ai été confrontée à l’originalité, à l’excentricité même parfois, à une « moi » un peu créative à tendance rebelle, que ce soit dans mes activités (la poésie, l’écriture, le dessin, la musique, la batterie, les concerts, mon groupe de rock au lycée), ou au cours de mes études dans des classes littéraires et artistiques… et j’ai progressivement réalisé qu’au final, cette petite part d’anti-conformisme et de folie, faisait partie de moi.

Je me suis donc construite comme ça, pas toujours en phase avec les autres, parfois en rébellion, notamment pendant mes études en école de commerce, où j’avais l’impression d’être dans un moule. Je me suis renfermée un peu, puis ouverte à nouveau quand j’ai réussi à « rentrer » dans le domaine qui me tenait à coeur avec une succession de chouettes expériences pour différents éditeurs de jeux vidéo. Après plusieurs années de « est-ce que j’ai un problème ou bien est-ce que c’est les autres? » j’ai découvert qu’il y avait un monde dans lequel je me sentais bien, épanouie, où j’avais des sujets de discussion possible avec d’autres gens passionnés, simples et vrais. Loin de l’artificialité des études de commerce où l’apparence compte plus que l’essence, si j’ose dire.

Depuis 2 ans environ, j’ai l’impression d’être « moi » et je me sens mieux, je me créé une vie qui me ressemble, avec parfois des ratés, comme tout le monde. Parfois des expériences ne se finissent pas comme on le souhaite, mais je prends la vie avec ces embuches, car tout ça, ce que je construit aujourd’hui, c’est un peu les racines de ma vie d’adulte. Ceux qui me connaissent savent qu’il y a eu des pas en avant et des pas en arrière, mais peu de regrets, même dans les moments les plus durs.

J’ai l’impression d’avoir, ces dernières années, réussi à construire un environnement qui me plaît, et malgré les pertes que j’ai vécu, j’ai beaucoup gagné en résistance et en force face aux événements de la vie. Je me sens moins faible, plus résistante, plus courageuse, et je pense depuis plusieurs mois à symboliser cette nouvelle « résistance » avec quelque chose sur mon corps. J’ai déjà eu un piercing (langue), fait il y a quelques années, puis rebouché à cause d’une anesthésie générale, puis refait. Il symbolisait un peu un petit truc secret, juste à moi, qui ne se voit pas et que je ne partage pas. Je l’ai à nouveau enlevé récemment pour des raisons « physiques » et je ne le referai pas cette fois parce que parfois il s’accrochait dans mes dents et que c’est quelque chose « en plus » qui a fini par me géner de temps en temps.

Le tatouage ne m’a longtemps fait ni chaud ni froid. Je le trouvais très esthétique dans certains cas (sur le bras pour un homme par exemple, ou la nuque pour une femme), très laid d’autres fois (les vieux tatouages qui virent au vert ou bien plein de couleurs sur la jambe ou l’épaule). Et dans mon entourage pro et perso j’ai rencontré des gens qui en avaient et sur qui ça ne faisait ni vulgaire, ni provocant. C’est juste quelque chose de personnel, un ornement, qui correspond à la personne qui le porte, et l’idée à commencé à germer dans mon esprit.

Je sais que je suis prête à franchir le pas quand j’ai passé des centaines d’heure à me renseigner, à chercher, à comparer, à lire des témoignages, et là c’est le cas. J’ai envie de mon tatouage. J’ai choisi l’endroit où je le veux, et j’ai réfléchi à un motif qui symboliserait la douceur et ce que je suis. J’ai quelques idées, je dois concrétiser ça avec un tatoueur. J’ai aussi décidé du studio où je le ferai, et avec qui, grâce à quelques forums bien faits et un tatoueur très abordable et sympa.

Cela fait des années que je suis tentée mais j’avais besoin d’avoir un véritable équilibre pour être sûre de ne pas regretter. Un équilibre professionnel, personnel, que j’ai trouvé et je me sens prête. Mon projet n’est pas gros, pas non plus très voyant, puisque je le fais pour moi, pas pour les autres, même si je prends en compte le domaine dans lequel je travaille et l’impact social que ça peut avoir. Je sais qu’à cet endroit il sera visible à certaines occasions, mais également facile à cacher si je le souhaite.

Je n’ai pas peur de la douleur, pas peur non plus pour le vieillissement car je veux un motif qui ne « représente rien ». Ni une période de ma vie, ni une personne, ni un centre d’intérêt. Juste un motif qui me plaît, qui me correspond, et qui me plaira encore dans 10, 20, 30 ans ou plus si je suis encore là. Je pars du principe que tout est périssable, y compris et peut être surtout les coups de coeur, du coup je veux quelque chose de simple, qui ne représente que ce que je suis, pour ne jamais le regretter.

Je pense que l’acte du tatouage lui même suffit à concrétiser mon envie de faire quelque chose de fort. Le motif n’en sera que la représentation. Reste à passer à l’acte… bientôt sans doute, le temps d’y réfléchir encore un peu et d’être absolument sûre de l’endroit et du motif…

Si vous avez des tatouages ou que vous y pensez, votre démarche m’intéresse ! Pourquoi, quand, où, quelle perception dans votre entourage, quelle symbolique ou non symbolique? N’hésitez pas à partager !

(Crédit image: Trouvée sur Google… si la propriétaire passe par ici, n’hésitez pas à me le dire)

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